À propos des prix et du transport des céréales

Publié : 2015-09-22

À propos des prix et du transport des céréales

Jusqu’au 1er août 2012, la Commission canadienne du blé (CCB) vendait du blé, du blé dur (pour la fabrication des pâtes) et de l’orge pour exportation et aussi pour consommation humaine à l’intérieur du Canada ; elle faisait ceci pour les fermiers, retournant toutes les recettes, moins les frais d’exploitation. Elle fournissait les meuniers et les fabricants de produits alimentaires du Canada d’une manière équitable et fiable.

Quand la « Loi sur le libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation » fut promulguée, cela a immédiatement démis de leurs fonctions les huit fermiers/directeurs élus de la CCB, mettant fin au seul guichet unique de la Commission canadienne du blé (CCB) le 1er août 2012, en plus de forcer les directeurs nommés par le gouvernement de privatiser ou de liquider les biens de la CCB à compter de 2017. Ce printemps, le gouvernement fédéral a donné la CCB à G3, un partenariat de la compagnie multinationale du grain, Bunge, et à SALIC, la compagnie d’investissement en agriculture de l’Arabie saoudite, en échange d’une promesse que les nouveaux propriétaires investiraient 250 millions de dollars dans la compagnie.

Le ministre de l’Agriculture, Ritz, a rompu sa promesse électorale que la CCB ne serait pas changée avant d’avoir fait l’objet d’un vote de la part des fermiers. La CCB a tenu un plébiscite non-contraignant dans le cadre duquel les fermiers ont clairement démontré leur appui pour le guichet unique, et que le ministre a également ignoré. Les fermiers ont entamé une poursuite judiciaire pour contester les actions du gouvernement et récupérer les pertes causées par la clôture du guichet unique. La poursuite judiciaire continue encore présentement.

De nos jours, les agriculteurs des Prairies doivent vendre directement aux compagnies céréalières, un secteur dominé par trois sociétés multinationales géantes : Cargill, Viterra (appartenant maintenant à Glencore) et Richardson International. Ces compagnies achètent à bas prix (des fermiers) et vendent à prix élevé (sur le marché mondial). Leurs profits sont accrus en augmentant l’écart (la marge entre le prix d’achat et le prix de vente) et le volume des ventes.

En revanche, le guichet unique de la CCB maximisait les rendements aux fermiers en développant et servant les marchés haut de gamme qui payaient des prix élevés pour le blé canadien. Depuis 2012, les prix aux fermiers ont chuté à 60 % ou moins de ce qu’ils auraient été si la CCB était toujours en opération, ce qui a retiré environ 7 milliards de dollars de l’économie canadienne jusqu’à date.

Lorsque le guichet unique de la CCB vendait du grain des Prairies, ses états financiers vérifiés étaient présentés au Parlement à chaque année. Aucune information financière n’a été émise depuis la fin du guichet unique. Le commerce privé du grain ne révèle pas d’information sur le prix d’exportation, alors il n’y a plus de transparence effective en matière de prix.

Contrairement aux fermiers individuels, le guichet unique de la CCB avait, sous l’égide de la Loi sur les transports au Canada, le statut « d’expéditeur ». Elle pouvait revendiquer (et, de fait, elle le faisait) pour que les fermiers obtiennent un service approprié des chemins de fer. La CCB coordonnait également les expéditions de céréales, à partir des élévateurs à grain en campagne directement jusqu’au chargement sur les navires de mer. Sans sa coordination, des effets de bouchon et des inefficacités font sérieusement obstacle au déplacement de la récolte. Les clients internationaux sont mécontents du mauvais service et les coûts des retards sont déchargés sur le dos des fermiers par l’entremise de prix réduits. Les compagnies céréalières tirent parti de la situation en chargeant aux fermiers une base excédentaire (un escompte arbitraire sur les prix), alors que les chemins de fer font du lobbying pour mettre fin au Plafond de revenus (des limites réglementées, mais profitables, sur les taux de fret du grain). Les compagnies de chemins de fer et céréalières accordent la priorité à leurs clients et trajets les plus profitables, ce qui cause un mauvais service et des prix encore pires pour le reste.

La Commission canadienne du blé, fondée en 1912, s’occupent de l’intérêt des fermiers en soutenant la Loi sur les grains du Canada. En 2012, la loi fut changée de sorte à éliminer l’inspection interne, une méthode visant à assurer que les compagnies céréalières ne trichaient pas les fermiers en déclassant le grain en campagne et ensuite le vendre comme grain de haute qualité aux marchés d’exportation. D’autres amendements majeurs, aux détriments des intérêts des fermiers, furent proposés en 2015 dans le Projet de loi C-48, mais qui sont morts au Feuilleton quand les élections furent déclenchées.

Ces changements au système de transport et de commercialisation du grain ont été très coûteux pour les fermiers, les résidents ruraux, l’économie canadienne et les acheteurs (au pays et au niveau international) de blé et d’orge du Canada.

Que fera le prochain gouvernement fédéral pour améliorer le système de transport et de commercialisation du grain pour mieux desservir les fermiers, les communautés rurales, notre réseau alimentaire et l’économie canadienne ?


 

Pour en savoir plus : (disponibles en anglais seulement)

The NFU Election 2015 series
NFU website CWB page
Summary of farmers legal action
Calculation of farmers’ losses to grain companies
NFU brief to CTA on Rail Transportation
NFU media release on end of inward inspection
Key points about Bill C-48’s changes to CGC