L’élevage paysan comme mécanisme de souveraineté alimentaire

Publié : 2020-03-26

Rogersville, 23 juin 2019 – Réponse de l’Union Nationale des Fermiers du Nouveau-Brunswick à la campagne « Dairy is scary » par le Vegan Education Group. 

«  Un système alimentaire qui oppresse et abuse les fermiers est en fait plus propice à engendrer et multiplier les abus sur les animaux d’élevage.  L’UNF réitère que les images vu dans le vidéo sensationnaliste partagée par le Vegan Education Group n’est que le symptôme d’un système alimentaire industriel dysfonctionnel et que ces images ne représentent qu’une portion infime, quasi-nulle de la réalité des fermes laitière du Nouveau-Brunswick. » Pierre-Olivier Brassard, Paysan et membre du conseil d’administration de l’Union Nationale des Fermiers du Nouveau-Brunswick. 

L’Union Nationale des Fermiers du Nouveau-Brunswick tient à prendre position sur la campagne de propagande dans le but de diversifier le débat et de réitérer sa position sur l’élevage. Premièrement avec une perspective paysanne, mais aussi basé sur une analyse contextuelle du système alimentaire. 

L’élevage à toujours été relié depuis des millénaires à un système alimentaire paysan en complète symbiose des écosystème agraire interrelié entre les animaux, les plantes, les humains et le microcosme naturel qu’est la ferme en tant que tel. Le fumier des animaux composté a toujours servit de fertilisant naturels et gratuit pour enrichir les sols agricoles et nourrir l’entièreté de la faune microscopique des sols vivants qui sont en fait un puit de carbone magistral. Les ruminants ont toujours été essentiels à la revalorisation de terres impropre à la culture maraichère et céréalières par leur capacité de transformer la fibre des graminées en protéines, par leur chair et leur lait. Les peuples autochtones pastoraliste nomade pour exemple, ont toujours été en entière connexion au niveau de l’interrelation entre les animaux et les humains, que ce soit au niveau de la migration et de la transhumance à la recherche de pâturage frais pour les bovins autant que pour l’apport en nourriture quotidienne pour les humains et pour la confection de vêtements. Ces systèmes agraires ancestraux sont en pleine évolution depuis l’arrivé du capitalisme et de l’ère industrielle qui comme ont le sait bouleversera la société moderne, paysannerie inclus. 

Depuis le milieu des années 70 et l’avènement de l’industrialisation de l’agriculture la quantité d’aliment toute catégorie confondue produite sur les fermes canadiennes est en pleine croissance tandis-que le revenu net à la ferme est en pente descendante. Mais qu’est ce qui cause cette perte net à la ferme et que sont les conséquences sur les techniques de production plus en particulier celle relié à l’élevage? Dans un système alimentaire mondial ou la distribution, la transformation et la vente d’intrant est la propriété centralisé d’une poignée de corporations. Dans un modèle agricole nord-américain qui pousse les fermiers vers une vision productiviste, extractiviste et de spécialisation de la production. C’est ce qui pousse les fermiers à toujours rechercher le cout de production le plus bas pour être capable de survivre année après année. Donc qui les places en position de vulnérabilité importante en étant dépendant d’un cercle vicieux qui leur départis de leur moyen de production tout en créant une situation financière et psychologique précaire.  L’Union Nationale des Fermiers du Nouveau-Brunswick réitère encore une fois que le mouvement végane peut faire partie de la solution par la pensée critique et la remise en question du système alimentaire ainsi que la responsabilité environnementale de l’élevage industriel mais que encore une fois ce n’est pas l’élevage la source du problème mais bien le « comment » on élève les animaux.    

L’Union nationale des fermiers au Nouveau-Brunswick est l’un des deux organismes généraux agréés dans la province. Nos membres croient que les fermes familiales, petites et moyennes, devraient rester les unités fondamentales de production alimentaire au Canada. En tant qu’organisme démocratique animé par ses membres, nous faisons la promotion des politiques soumises par nos membres et qui appuient les fermes familiales. Nous nous efforçons de créer des espaces pour que les fermiers puissent se rassembler afin d’apprendre et de réseauter.