Déclaration conjointe de l’UNF-N.-B., de l’AANB et de la Récolte de Chez Nous concernant la restriction des travailleurs étrangers temporaires

Publié : 2020-04-28

Les familles d’Odulio (en blanc) et Manuel (en bleu). Ces hommes sont des travailleurs étrangers temporaires de Cordoba, au Mexique, qui travaillent à la ferme Strawberry Hill depuis plusieurs années. (Photo: Tim Livingstone)

L’Union nationale des fermiers au Nouveau-Brunswick, l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick et la Récolte de chez-nous sont fortement en désaccord avec la décision de restreindre la venue de travailleurs étrangers temporaires dans la province. 

Ces travailleurs étrangers sont une partie intégrale de la production des aliments au Nouveau-Brunswick. « Ceci coupe les moyens par lesquels nous devons produire. Ils veulent que l’on augmente la production des légumes, mais ils veulent que l’on embauche des gens qui pourraient se voir obligés d’abandonner à tout moment ou bien avant la fin de notre saison, » déclare Tim Livingstone, copropriétaire de Strawberry Hill Farm. Tim et Kirsten Livingstone ont investi dans la formation de leurs travailleurs étrangers temporaires pendant plus de quatre ans et ils dépendent de leur expertise pour superviser leurs employés locaux. 

Ces travailleurs étrangers sont membres de nos équipes et dans plusieurs cas ils font partie de la famille de nos petits producteurs au Nouveau-Brunswick. Ce sont de vraies personnes et qui ne peuvent tout simplement pas être remplacées par un autre travailleur d’un autre secteur. Le droit des gens à l’autodétermination – la capacité d’exercer un contrôle sur leurs propres vies – ainsi que notre intégrité en tant qu’employeurs, et en tant que province qui a signé des contrats avec des gens afin d’assurer la production et l’approvisionnement des aliments, tout cela en jeu alors que l’on considère de déroger à ces ententes. S’ils ne sont pas permis d’entrer dans la province, nous, collectivement, nous leur devons tout de même, ainsi qu’aux familles qu’ils soutiennent. 

Les gouvernements fédéral et provinciaux ont déplacés des montagnes au cours des derniers mois afin de s’assurer que ces travailleurs soient encore capables de venir au Canada et que des précautions soient prises pour assurer la sécurité de tout le monde. Plusieurs personnes ont consacré bien des heures en conversations avec les gouvernements étrangers et leurs embassades afin de rédiger des lignes directrices et des politiques, en plus d’assurer la liaison avec les fermes de sorte que les travailleurs étrangers arrivent dans un milieu de travail sécuritaire, à la fois pour eux et pour les communautés environnantes. Dans d’autres provinces, le coût de la période de quarantaine est couverte par le gouvernement, de sorte qu’aucun coût additionnel ne soit encourru par les fermes. 

De notre côté, notre province rend la chose difficile, voire même impossible, pour que les fermes s’assurent de produire, surtout alors que la saison s’amorce au milieu de l’incertitude et de l’instabilité. Nous devons aux travailleurs et aux propriétaires des fermes de s’assurer que les travailleurs qui arrivent dans la province peuvent se mettrent en quarantaine en toute sécurité et dignité, d’être payés et avoir accès aux soins de santé. De plus, les travailleurs migrants qui ont été laissés sans emploi ou incapables de voyager pour travailler doivent avoir le même accès à la Prestation canadienne d’urgence (PCU), comme tous les autres travailleurs affectés par la COVID-19. 

En plus d’être un désastre financier pour les centaines de familles des employés à qui ont avait promis de l’emploi, il serait difficile, voire même impossible, pour les fermes d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires ou tout autre employé à la mi-saison. Même si les employés de d’autres secteurs ou des étudiants sont mis à leur place, quant les autres emplois vont rouvrir et que les écoles commencent, personne ne sera là pour effectuer les récoltes. Étant donné la nature à faible marge de l’agriculture, il n’est pas réaliste d’y mettre en place des gens sans antécédents en agriculture et d’y tirer un profit. Notre province rend cela difficile, sinon impossible, pour les fermes d’assurer une production, surtout alors que la saison commence dans l’incertitude et l’instabilité. Nous croyons que le Premier Ministre Higgs se contredit lui-même directement. Il a déclaré qu’il veut que la province soit plus autosuffisante et qu’elle évite la pénurie alimentaire ; donc, il doit respecter les protocoles mis en place par le gouvernement fédéral et Santé Canada. Ces travailleurs sont essentiels aux industries que le Premier Ministre Higgs déclarait encore la semaine passée comme étant extrêmement faible en matière de production locale.  

L’Union nationale des fermiers au NB, ainsi que l’Alliance agricole du NB, sont les deux organisations agricoles générales qui représentent les intérêts de tous les secteurs agricoles de la province. La Récolte de chez-nous est une coopérative d’environ trente fermes de la région du Sud-Est du Nouveau-Brunswick et qui met fortement l’accent sur la sécurité alimentaire et la prospérité des fermes familiales à l’échelle de la province. Toutes les organisations demandent que la décision soit renversée et que l’on prenne des mesures pour respecter nos promesses aux travailleurs auxquels l’emploi a été promis, ainsi qu’aux fermes qui attendent l’arrivée des employés sur lesquels elles dépendent. 

Contact pour les médias :

Rébeka Frazer Chiasson, Présidente de l’UNF-NB (506) 626-0057

Lisa Ashworth, Présidente de l’AANB (506) 452-8101

Maxime Gauvin, Directeur exécutif, Récolte de chez-nous/Really Local Harvest (506) 317-0321